Permanences de l'association : les jeudis après-midi, Médiathèque de Dole - 2 rue Bauzonnet - 39100 DOLE

Visite de l’atelier de restauration de tableaux Marie Larrère

Atelier LarrèreInstallée dans un bâtiment dépendant de l’ancienne chapelle de Landon, Marie Larrère est restauratrice de peintures :
tableaux anciens ou contemporains, peinture sur tous types de supports (toile, bois, carton, cuivre…).

Sa formation, son perfectionnement, son activité
Diplôme en conservation-restauration d’œuvres d’art spécialité peinture de chevalet par l’école de Condé, à Paris en 2011, après 5 ans d’études.
Formation « La Conservation-restauration des dorures : décors en bois sculpté et stuc, cadres, boiseries et objets mobiliers » à l’Institut National du Patrimoine en 2013.
Stages : de 4 mois à l’atelier Artbee à Liège en Belgique – 4 mois au service restauration du Musée des Impressionnismes à Giverny – 2 mois en Syrie pour s’initier à la restauration d’icônes.
Et elle continue à se former.

Son mémoire de fin d’études
Marie Larrère pour son mémoire de fin d’études a restauré un tableau provenant d’une église de Haute-Saône.

  • Retrait du vernis : elle a commencé par le nettoyage et le gros travail de retrait de trois couches de vernis. Celui-ci  devenu opaque, formait une couche brune.
  • Ecailles : les différences de températures et de l’humidité ont provoqué des écailles. Le grossissement de la vue en coupe d’une écaille  montre les couches rouges de préparation. Ces couches rouges sont typiques du XVIIIè siècle. Des couches roses à l’origine apparaissent en blanc.
  • Repeints : Les ultra-violets révèlent des taches sombres qui sont des restaurations : des repeints sur vernis. Il faut enlever ce qui a été apporté en trop.
  • La toile : au revers la toile était victime de nombreuses déchirures.
  • Le châssis : il a dû être changé.

Ce travail a demandé 2 à 3 mois environ.

Le travail de conservation curative et de restauration

Marie Larrère retire le vernis

Marie Larrère retire le vernis

Marie a écrit sur son site : « Chaque tableau est unique et nécessite une étude et un traitement qui lui est propre. »
La conservation curative vise à stabiliser les altérations du tableau.
La restauration vise à améliorer la lisibilité, la présentation de l’œuvre.

Le support : reprise des déchirures, rentoilage et doublage, …
Ecailles, pour les stabiliser, Marie fixe un papier fin avec une colle légère.
Toile : Marie la remet à plat, la retend. Elle retisse les fils de la trame, elle remplace ceux qui manquent. Pour maintenir une déchirure, elle colle au dos de l’intissé très fin.
la couche picturale : nettoyage, masticage et réintégration picturale, vernissage …
Dépoussiérer
La crasse s’enlève avec un produit aqueux type savon.
Le vernis se retire avec différentes sortes de solvants. Marie Larrère nous fait une démonstration : pour chaque couche, elle pratique plusieurs  petits essais, par  touches légères avec des sortes de grands cotons tiges qu’elle s’est fabriqués et qu’une fois utilisés elle jette dans un grand bocal au couvercle percé. Elle veille à ne pas abîmer la couche picturale. Nous voyons ré apparaitre les touches du pinceau du peintre.
Repeints à enlever quand c’est possible.
Mastic  à mettre seulement dans les manques.
Retouches réversibles avec  pigments et liant.
Vernis nouveau à remettre.
Des tableaux pas faciles à rattraper : ceux qui étaient placés sur le trumeau d’une cheminée :
ils ont soufferts de la suie et de la chaleur et sont un peu cuits.
Une restauration réversible
Le travail de restauration doit être réversible :
Marie n’utilise ni peinture à l’huile, ni acrylique, mais de l’aquarelle avec des pigments. Le vernis qu’elle utilise est une résine synthétique stable dans le temps et qui s’enlève facilement.
Le travail de restauration doit être le moins visible possible.

Dans son atelier on peut voir

Des éclairages spécifiques au néon qui diffusent une lumière la plus blanche possible : lumière du jour.
Sur des étagères des tableaux de tailles moyenne et petite en cours de restauration.
Sur un chevalet un grand tableau pratiquement illisible.
Marie nous aide à reconnaitre une forme d’ange et une tête de bœuf. Le bœuf doit tirer une charrue, puisque le saint représenté et non visible est Isidore le saint patron des laboureurs.
A côté sur un autre chevalet,
un plus petit format dont la lumière blanche nous révèle la transparence. La couche picturale est devenue fine, la toile est usée et lâche ce qui fait que le tableau se fend en lignes parallèles.
Les grilles des fenêtres de son atelier ont été forgées par son compagnon, le ferronnier d’art Anthony Mercier.

Des privés, des communes, les Monuments Historiques sont les clients de Marie Larrère.
Ses devis sont gratuits.

L’atelier se visite et Marie y propose des démonstrations lors des JOURNEES EUROPEENNES DES METIERS D’ART.

tableau en restauration

Laisser un commentaire