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Visite de l’atelier de ferronnerie d’art Mercier

Suite à la parution du Carnet Dolois n° 7 sur la serrurerie, les Amis de la Médiathèque visitent le 12 juin 2015, l’ATELIER de FERRONNERIE D’ART MERCIER (Anthony Mercier – 170, avenue de Landon à Dole).

« A chaud, le métal est comme de la pâte à modeler …
Le travail est alors facile » affirme Mr Mercier.grille-ferronerie-clef

FORGER : « façonner, généralement à chaud, par déformation plastique, un métal ou un alliage, soit par choc à l’aide d’un marteau soit par pression à l’aide d’une presse, afin de lui donner une forme, des dimensions et des caractéristiques bien définies. » (Larousse).
FER FORGE : « fer travaillé par forgeage sur l’enclume.» (Larousse).

LE FERRONNIER D’ART et LE FER FORGE
Jusqu’au XIXè siècle, la ferronnerie faisait partie de la serrurerie
Mr Mercier, un bisontin, a appris le métier à Saint-Amour (au Lycée Ferdinand Fillod des métiers des arts du métal ?). Il a le CAP de ferronnier d’art.
Après avoir travaillé en atelier, il s’est installé à son compte, dans l’ancienne chapelle de Landon à Dole. Il a la gentillesse d’accueillir ce 12 juin 2015, une quinzaine des Amis de la Médiathèque.
rambarde-escalier-ferronerie-mercierDans tous les styles du plus classique au contemporain, du monumental ou tout petit,
avec le fer forgé, on peut fabriquer portail, porte, grille, garde-corps, rampe, marquise, tonnelle, appui, haut ou couvercle de puits, éléments de défense (chardon), mobilier (table, chaise, banc, étagère…), luminaire, éléments de décoration (abeille, fleur…)…
Quand le ferronnier d’art fabrique dans un style ancien, il répète ce qu’ont fait ses prédécesseurs ;
quand il produit du contemporain, c’est de l’art et il est un artiste.
L’activité la ferronnerie d’art a un côté créatif, artistique très important : inventer et dessiner les motifs, réaliser les épures (à l’échelle réelle), il faut donc maîtriser le dessin d’art et la géométrie. L’autre facette est le forgeage, il demande savoir-faire, adresse, soin, habileté, coup d’œil, oreille et tour-de-main.

Des filles travaillent en ferronnerie d’art. Elles y apportent finesse et minutie.

LES METAUX : chaque matériau demande un savoir-faire particulier
Le fer ne rouille pas, mais il est difficile d’en trouver du pur actuellement. Il est récupéré et contient toujours d’autres métaux.
Mr Mercier l’achète en barres de 6 m de long. Elles ont des sections (2 cm, 5 cm…) et des formes diverses : carrées, rondes, plates…. On découpe la barre pour avoir la longueur voulue. Cette longueur est mesurée avec une ficelle sur le dessin grandeur normale.

Gerbes d'étincelles

Gerbes d’étincelles

Comme le bois, le métal a des fibres qu’il faut respecter car si on coupe les couches, l’ouvrage sera moins résistant et l’eau s’y infiltrera. En forgeant le métal, on resserre les molécules de fer et augmente sa résistance. Il est impossible de l’obtenir industriellement. Tordre le métal le rend aussi plus résistant, et est plus esthétique. Quand le fer est fondu dans la barre, les coups de marteau font partir le carbone en fusion et donnent naissance à des gerbes d’étincelles.
Pour forger le fer il faut le monter sa température entre 900 et 1450°C, à 1450°C il est presque liquide.
L’acier (alliage fer /carbone) se forge et tient dans le temps. Il a aussi des fibres.
La tôle de fer, le cuivre plus mou, le laiton (belle couleur, plus facile à travailler et belle patine avec le temps), sont utilisés pour la partie du feuillagiste qui réalise des ornements (fleurs, feuilles d’eau…) en repoussant le métal à froid.

LES OUTILS : les outils ancestraux sont la forge, l’enclume et le marteau
forge-anthony-mercierLa forge
Le feu de la forge est ici installé dans une cheminée de pierre. Bien qu’un soufflet ancien soit monté, il n’est pas raccordé et ne sert pas encore. La soufflerie est électrique et à débit réglable.
Le combustible est du charbon de fond qui chauffe plus rapidement et jusqu’à 3 000°C. Autrefois le charbon-de-bois était employé et permettait d’atteindre 2 000°C.
Lorsque le ferronnier ajoute quelques filets d’eau sur le feu, l’oxygène de l’eau fait monter plus vite la température.
Le feu chauffe la tête, pas l’atelier et l’hiver les pieds ont froid.
L’enclume
Des enclumes de différentes tailles. Sur l’acier trempé de l’enclume le marteau rebondit, le ferronnier n’a pas à faire l’effort de le remonter. L’enclume de taillandier sert à fabriquer les outils, elle a un biais qui permet d’avoir l’angle juste lors de la fabrication de pinces.
Le marteau et les autres outils
Marteaux divers, pinces, tenailles, etc…Mr Mercier les fabrique lui-même. Ils sont spécifiques à sa main et au travail à effectuer. Ils doivent être plus durs que le métal à travailler, ils sont en acier dur et trempé. L’acier est plus dur, car il contient plus de carbone de 0,4 à 0,6% et le taillant de l’outil est plus tranchant car ses molécules ont été affinées par le forgeage. Mr Mercier récupère des outils anciens, non soudés, dont le métal est plus intéressant et les recycle. Les outils ont besoin d’être très souvent entretenus pour être aussi précis que des outils de chirurgie.
Il fabrique aussi ses formes qui lui serviront à tourner ses courbes, volutes…la fourche pour les arrondis, des moules et contre-moules pour les suites de boules, les petites graines qui ornent bien, des rainures de main-courante …
Des moules en bois lui servent à emboutir les pièces qui orneront la ferronnerie. Il a beaucoup de marteaux différents pour le feuillage à froid de la tôle.
Il utilise aussi un marteau-pilon et une presse qui fonctionne comme ce dernier, mais horizontalement.

DES FABRICATIONS. Le nom des pièces est différent d’un glossaire à l’autre.
La volute
En son centre, le noyau de la volute, et, juste après, un aminci qui lui donne naissance et en fait la beauté
(XVIIè/XVIIIè siècles). Le fer à chaud, s’enroule autour d’un gabarit forgé. Pour l’ornementation plusieurs volutes sont associées.
La torsade
La torsade donne du volume et de la solidité à la matière. La régularité de la spirale est obtenue en gérant la chauffe. Les torsades s’utilisent surtout sur les ouvrages Art Déco.
Une main courante
Mr Mercier est en train d’en fabriquer une à partir de barre à section carrée. Il prend soin de la faire agréable au toucher, avec une goulotte de chaque côté pour l’écoulement de l’eau de pluie. Pour cela, il utilise un moule qu’il s’est forgé et marteau.
Une marquise en fabrication : une commande
Des dessins pour le devis, pour que le client voie l’esthétique, si ça va sur sa maison…Puis le dessin est réalisé grandeur nature, très important il est indispensable que la pièce soit dans la tête pour aller jusqu’à la main qui va forger. Le ferronnier d’art forge au feu, redresse à l’œil et refroidit à l’eau.
La partie verre sera exécutée par un verrier.

2 Comments

  1. Tictac la Comtoise 29 février 2016 1 h 40 Répondre

    Ouf !, un savoir faire qui, depuis Vulcain, n’est pas perdu, un artiste du feu et du métal. Accueil très agréable de la part de ce ferronnier d’art passionné et de sa compagne. J’invite tous les curieux à aller les rencontrer lors des journées des métiers d’art.

  2. S. Dujardyn 6 mars 2017 16 h 45 Répondre

    Anthony est le vraie personne pour apporter le sentiment et l’âme de Maitre Vulcain a la matière !
    Vives les forgerons !
    S. Dujardyn

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