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Le Kazakhstan

Le Kazakhstan

En février dernier, notre association a eu le plaisir d’accueillir en conférence notre adhérent et ami Jaap de Boer, chef d’entreprise et citoyen des Pays-Bas, qui est tombé amoureux de la ville de Dole, où il s’est installé il y a une vingtaine d’années. Ses fonctions de consultant pour l’OCDE (Organisation pour la Coopération et le Développement Economiques) lui ont permis d’effectuer depuis 2004 de fréquents séjours dans ce lointain pays, république d’Asie centrale issue de l’ancienne URSS.

Un immense territoire plus vaste que l’Europe de l’Ouest, une superficie équivalente à cinq fois celle de la France, le Kazakhstan possède d’immenses ressources minérales et un énorme potentiel économique dans la région d’Asie Centrale conjugué à une période de stabilité politique. Dans ce texte vous retrouverez la plupart des éléments de ma présentation faite le 15 février 2018 pour les Amis de la Médiathèque de Dole, dans le Forum Marcel Aymé de la Médiathèque de l’Hôtel-Dieu.

Ancienne république soviétique devenue une république indépendante en 1991, le Kazakhstan est aujourd’hui en plein boom. Le pays présente l’économie la plus prospère d’Asie Centrale, grâce à l’impulsion de son Président Noursoultan Nazarbayev au pouvoir depuis 1989 (réélu en 2005) et résolument décidé à hisser son pays parmi les 50 premières puissances mondiales. Il est aussi le père d’une croissance économique annuelle proche de 4,1 % fondée sur les revenus issus du pétrole et a ouvert son pays aux investisseurs étrangers dans le nouveau centre financier fondé en 2018 à Astana.

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Rue d'Astana
Astana

Crédits : Jaap de Boer

Par la diversité de ses ressources naturelles et ses perspectives de développement, la République du Kazakhstan, présente des opportunités dans la région pour les investisseurs européens.

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Diorama
Au musée de l’histoire kazakhe à Almaty

Crédits : Jaap de Boer

Héritier d’un passé mouvementé et d’une culture nomade qui remonte au premier siècle avant J.C., le Kazakhstan est aujourd’hui un pays avec des villes en pleine mutation. Astana, nouvelle capitale depuis 1997, a vu sa population doubler en dix ans (750 000 habitants en 2018). Elle rivalise avec les grandes métropoles internationales. La ville est le centre des congrès internationaux annuels comme le Forum Economique où se retrouvent les politiciens du monde entier.

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Jaap de Boer et François Hollande pendant le XIe Forum économique d’Astana au mois de mai 2018

Crédits : Jaap de Boer

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Vue de la ville d'Almaty
Par son architecture et ses buildings ultramodernes signés par des architectes de renom, le Britannique Norman Foster et le Japonais Kisho Kurokawa pour ne citer qu’eux, Astana ressemble quelque peu à la Défense à Paris.

Crédits : Jaap de Boer

L’ancienne capitale Almaty (1 700 000 habitants) située au pied des montagnes Tien Shan, au sud-est du pays, bénéficie d’un cadre exceptionnel. Ville cosmopolite et animée, Almaty est la plus grande ville du pays et reste le centre culturel et économique.

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Paysage du nord-est du Kazakhstan
Dans le nord-est du Kazakhstan

Crédits : Jaap de Boer

Destination touristique encore confidentielle, le Kazakhstan est aujourd’hui très prisé des amoureux de la nature pour ses atouts géographiques et la beauté de ses paysages, mais aussi des voyageurs qui suivent l’itinéraire de la mythique Route de la Soie et partent à la découverte des traces de Gengis Khan.

Quelques aspects historiques

Au début du 18e siècle l’expansion de la Russie a atteint le sol kazakh. Vers 1850 la totalité de la région a été incorporée à l’Empire du Tsar et les Russes ont commencé à arriver massivement. La domination soviétique a conduit à la collectivisation forcée et à une terrible famine dans les années 30. En 1936 le Kazakhstan est devenu une république de l’Union Soviétique ; le peuple kazakh est devenu minoritaire dans son propre pays. Sous le régime soviétique, le Kazakhstan servait de réserve agricole et industrielle de l’URSS, conduisant à une industrialisation et collectivisation à grande échelle.
Villes industrielles, routes, voies de chemin de fer ont été construites à travers les steppes, tandis que le Kazakhstan est devenu un important producteur de charbon, pétrole, gaz naturel, fer et acier pour l’Union Soviétique.
La production agricole à grande échelle a commencé dans les années 50 du siècle dernier avec le plan-réforme des « Terres Vierges », qui avait pour objectif de conduire à l’autosuffisance de l’Union Soviétique en céréales et en bétail.

Depuis la conquête du territoire par la Russie au 18e siècle, le Kazakhstan demeura sous l’emprise du régime soviétique jusqu’à ce que le pays gagne son indépendance en 1991. Pendant les années 90, le Kazakhstan a traversé une période difficile, mais depuis la situation économique a bien changé.

Le Pays s’est redressé grâce à une série de réformes et de privatisations conduisant à une croissance et à un développement spectaculaires dans les secteurs pétroliers et énergétiques demeurés jusqu’alors largement inexploités. L’abondance des ressources naturelles (tout le tableau périodique des éléments de Mendeleïev se trouve dans le pays) et agricoles y ont également considérablement contribué. Aujourd’hui le Kazakhstan s’efforce encore de maintenir un équilibre entre les secteurs industriels et agricoles et le montant des investissements. De nombreux Kazakhs ont bénéficié de la croissance et du développement économique du pays, surtout ceux habitant les grandes villes. Cependant, il y a un grand écart avec la population qui vit à la campagne et semble appartenir à une autre ère…

Voici quelques données économiques actualisées

PIB (2017) : 156,2 milliards de dollars
PIB par habitant (2017) : 8585 dollars
Taux de croissance (actuel): 4,1  %
Taux de chômage (actuel) : 6 %
Taux d’inflation (2017) : 7,3 %
Principaux fournisseurs (2017):
1 – Chine 27,45 %
2 – Allemagne 8,70 %
3 – États-Unis 7,36 %
4 – Italie 5,56 %
5 – Ouzbékistan 4,29 %
(France 8e)(Exportations françaises 2017 : 0,320 Mds EUR, – 29,76 %)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
– agriculture : 7 %
– industrie : 39 %
– services : 54 %

Principaux clients du Kazakhstan (2017):
1) l’Union Européenne (produits énergétiques et pétrole qui représente à lui seul plus de 55 % des exportations)
2) Ferroalliages (principaux clients : Chine et Japon)
3) Cuivre (principaux clients : Chine et E.A.U.)
4) Rouleaux et panneaux métalliques (principaux clients : Russie et Iran)
5) Gaz naturel (principaux clients : Ukraine et Suisse)
6) Mazout (principal client : Pays-Bas)
7) Zinc (principaux clients : Chine et Turquie)
8) Blé et méteil (principaux clients : Ouzbékistan et Tadjikistan)
9) Argent (principal client : Royaume-Uni)
10) Minerai de fer & concentrés de fer (principal client : Russie)
11) Uranium (France et Chine)

Territoire du pays : 2 717 300 km2
Division administrative : 16 régions
Population : 18,2 millions d’habitants
Densité de population : 5.6 par km2
Taux de croissance annuelle de la population : 0,47 %
Villes principales : Almaty, Astana, Karaganda, Atyrau, Aktau, Pavlodar, Tchimkent, Kostanaï.
Langue officielles : Kazakh (langue d’Etat), Russe (langue officielle), Anglais.
Monnaie nationale : Tengué Kazakh (KZT).
Valeur en 2007 : 1 Euro = 190 tengué.
Valeur en 2018 : 1 Euro = 414 tengué (!) En 2015 il y a eu une dévaluation du tengué.
Régime politique : Régime présidentiel parlementaire – (repose sur la Constitution adoptée par le Chef de l’Etat et du Gouvernement, le Président Noursoultan Nazarbayev depuis 1991). En principe, c’est le président qui prend les décisions…
Parti dirigeant : NUR-OTAN (Patrie Lucide)
Principal Parti d’Opposition : AZAT (Indépendant, Libre).
Religion : Islam sunnite, russe orthodoxe, minorité catholique, minorité protestante.
Education : 11 ans école élémentaire, 2 ans collège, 4 – 5 ans Université.
Répartition par groupes ethniques : Kazakhs (50 %), Russes (35 %), Ukrainiens (3,9 %), Allemands
(2,1 %), 11 % autres nationalités.

Climat

Principalement constitué de désert et steppes, le Kazakhstan possède un climat continental assez sec avec des hivers froids et des étés chauds, mais il existe des variations selon les zones climatiques. Juillet est le mois le plus chaud. Juillet, août, septembre et début octobre sont les meilleures périodes pour explorer les régions montagneuses et traverser la Route de la Soie. Les températures dans le nord varient normalement de – 20° C / – 35° C en janvier (sans parler des températures ressenties et de belles images hivernales) à 22 ° C/ 34 ° C en juillet. Pour vous donner une impression hivernale j’ajoute deux photos prises à la campagne.

Dans le sud les températures varient de -3° C / 9° C en janvier à 26 – 38° C ou plus en juillet. Pendant l’hiver il y a fréquemment des tempêtes de neiges.

Fêtes officielles chômées

8 mars : Journée Internationale de la femme
22 mars : Fête de Nauryz (Nouvel An kazakh)
1er mai : Journée de l’Unité des peuples du Kazakhstan
9 mai : Jour de la Victoire
30 août : Jour de la Constitution

16 décembre : Jour de l’Indépendance

Culture et traditions au Kazakhstan

Littérature

Nom illustre de la littérature nationale, le poète et l’auteur du 19e siècle Abaï Kounanbaïev est le fondateur de la langue littéraire kazakhe, dans laquelle il a traduit un grand nombre d’œuvres russes. Avant lui, la littérature kazakhe était principalement constituée de longs poèmes oraux. Les aqins, conteurs traditionnels, et les aitys, concours de chants entre aqins, demeurent très importants auprès de la population locale.

Musique

La musique vocale prend une place importante dans la vie des Kazakhs. Les aqyns, chanteurs s’accompagnant d’instruments comme dombra (à deux cordes, semblable au luth) et kobyz (sorte de violon à trois cordes) perpétuent la tradition des conteurs itinérants des siècles passés. Récitals et aitys (compositions d’improvisations réclamant une grande vivacité d’esprit) sont encore très populaires.

Langue

Dérivé des langues turques, le kazakh s’écrit – encore – avec un alphabet cyrillique de 42 lettres. Langue officielle du pays, le kazakh se parle autant que le russe qui demeure la « langue des communications internationales » à côté de l’anglais. A partir de 2018 la latinisation de l’alphabet a commencé et depuis le mois de septembre il y a déjà cinq établissements scolaires qui ont introduit le nouvel alphabet. Toutefois, la question linguistique est sensible chez les Kazakhs, car elle divise la population en deux groupes : les kazakhophones, bilingues avec le russe, et les russophones qui ne maîtrisent ni ne parlent leur langue maternelle, soit près de la moitié de l’ethnie kazakhe. Ceux-ci ne se sentent  plus à l’aise au Kazakhstan, surtout après l’introduction de la latinisation, et partent de plus en plus pour la Russie pour faire leurs études et pour leur travail.

Religion

Avant l’introduction de la branche sunnite de l’Islam au 17e et 18e siècle, les Kazakhs avaient de fortes croyances animistes et chamaniques. A l’époque soviétique, avec l’arrivée de nombreux Russes sur le sol kazakh, la religion russe orthodoxe a fait une importante percée parmi la société kazakhe. Aujourd’hui le gouvernement s’efforce de maintenir une bonne entente entre les deux religions. Bien que majoritairement musulmans (sunnites), les Kazakhs sont rarement intégristes et l’Islam ne représente qu’une force politique minime.

Traditions kazakhes

L’un des traits culturels les plus marqués chez les Kazakhs est leur sens de l’hospitalité. Plus qu’une marque de bienveillance à l’égard d’un étranger, c’est aussi une coutume toujours actuelle, aussi bien dans les steppes qu’en ville, que d’accueillir dignement un voyageur.

La table (dastarkhan – en l’occurrence une nappe couverte de mets) est le lieu par excellence de partage, de gaieté, de convivialité et de discussion à cœur ouvert. Aussi dit-on qu’elle sert à juger celui qui reçoit, mais également le pays tout entier. L’hospitalité traditionnelle des Kazakhs se traduit en particulier à l’occasion du repas. L’hôte d’honneur doit distribuer en retour des cadeaux en respectant le rituel qui reflète la hiérarchie des âges, des sexes et de l’ordre de parenté.

Le respect de la hiérarchie des âges, les valeurs de paix et de tolérance sont des valeurs fondamentales chez le peuple kazakh. Ceci explique l’absence de conflits ethniques et religieux au Kazakhstan où cohabite harmonieusement une population pluriethnique et de confessions religieuses différentes.

Cuisine

En règle générale, les Kazakhs préfèrent la viande. Le plat national kazakh est le beshbarmak, cuisiné à partir d’agneau, de viande de cheval, de bœuf et de blé. La viande de cheval et le lait de jument sont très appréciés. Le lait de jument possède des vertus curatives et constitue un traitement en cas d’infection pulmonaire.
Dans la mesure où au Kazakhstan vivent plus de cent nationalités, la cuisine reflète aussi cette diversité. La population aime aussi bien les spécialités russes, ukrainiennes, ouzbeks que coréennes ou européennes. Dans les grandes villes les cafés et les restaurants proposent une cuisine bien variée.

Sports équestres

De nombreux Kazakhs à la campagne continuent de mener une existence semi-nomade. En été, ils quittent tous les ans les fermes collectives pour rejoindre avec leurs troupeaux et leur yourte les pâturages d’été.
L’intérêt porté aux chevaux se manifeste dans les sports équestres tels que le kokpar, ancêtre débridé du polo (joué avec une carcasse de chèvre décapitée) ou le yz kuu, une poursuite équestre à bride abattue durant laquelle un garçon essaie d’attraper une fille. S’il réussit, elle devra l’embrasser, mais dans le cas contraire, elle le fouettera avec sa cravache…

Je citerai encore la chasse au lapin, au renard, avec l’aigle, à laquelle j’ai participé avec des amis dans le sud du pays en 2006.

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Kazakh sur son cheval avec un aigle
Chasse à l'aigle

Crédits : Jaap de Boer

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