Permanences de l'association : les jeudis après-midi, Médiathèque de Dole - 2 rue Bauzonnet - 39100 DOLE

Le Moyen âge en Bourgogne au Musée des Beaux-arts de Dijon

Poursuite de la visite avec la salle du 1er étage du Musée des Beaux-arts de Dijon.
De 1367 avec Philippe-le Hardi à la mort de Charles-le-Téméraire en 1477, un siècle pendant lequel l’art évolue.

 

L’art du portrait, salle des ducs de Bourgogne 

Les portraits ont leur destination dans les collections des princes : les inventaires de leurs biens en témoignent. Ils ont vocation à être transmis à leurs héritiers. Des copies sont en sont réalisées pour des lieux liés à la dynastie comme la chartreuse de Champmol, nécropole des ducs de Bourgogne, ou publics comme l’hôtel de ville de Lille où les ducs prirent place à la suite des portraits des comtes de Flandre. Ces multitudes de copies, 150 000, envoyées à tous les nobles d’Europe, sont faites par les ateliers des peintres et présentent des différences.
Le portrait officiel largement diffusé est une invention du XVe siècle, que les ducs de Bourgogne ont su mettre au service de leur prestige.

Le portrait de Philippe-le-Hardi

La pourtraiture et semblance de la personne de monditseigneur le représente de profil. C’est par le profil que les peintres cherchent à saisir la physionomie : sourcils arqués, nez fort, menton empâté par l’âge. Il est vêtu de sombre (vert foncé) pour faire ressortir la couleur de son visage. Le noir blanchissant au lavage, est le symbole de la richesse : si le noir est inattaqué, le vêtement est neuf ou peu porté. Philippe II de Bourgogne arbore de somptueux bijoux qui attestent de son goût du luxe : broche sur le chapeau, pendentif, col cousu de pierreries et dans le dos l’ordre de la Cosse de Genêt créé par le roi Charles VI son neveu.
Le duc donne l’image d’un prince riche, bon, proche du peuple.

Jean Sans Peur (dépôt du Musée du Louvre

Jean Sans Peur (dépôt du Musée du Louvre)

Le portrait de Jean-sans-Peur

Le deuxième duc est aussi représenté de profil, vêtu somptueusement de couleurs sombres dont du rouge. Il est en guerre : sourcils froncés, lèvres pincées, strict, sévère. Il tient l’anneau d’or serti d’un rubis acheté en 1397 par Philippe le Hardi. Ce Rubis de Bourgogne était le symbole des ducs, il était conservé Saint-Bénigne et devait être remis par l’abbé à tout nouveau duc. Le tableau pourrait donc correspondre à sa prise de possession du duché en 1404. Selon une mention des comptes ducaux, son peintre attitré, Jean Malouel réalisa un portrait de lui en 1413 qui fut offert au roi de Portugal : le portrait est aussi un cadeau diplomatique. Sa main droite posée sur une tapisserie représentant des fleurs de lys : il montre son ambition de devenir roi de France.
Ces deux portraits sont de la même facture.

 

 

Philippe le BonLe portrait de Philippe-le-Bon

Aux débuts de la recherche de la perspective, le troisième duc est placé de trois-quart, le trois-quart devient la règle dans les portraits. Le modelé donne de la profondeur. Vêtu de noir, il porte le deuil de son père assassiné. Le collier de la Toison d’Or, se détache sur ce noir. L’ordre de chevalerie qu’il a créé en 1430, était à l’époque, le plus puissant et existe toujours aujourd’hui. A don index est glissée la bague au Rubis de Bourgogne. Dans ses mains, le rouleau de parchemin atteste qu’il est lettré (ou de son application à l’administration de ses états). On attribue la version originale du tableau au peintre officiel du duc, Rogier van der Weyden, vers 1445. L’examen de celle de Dijon à la réflectographie infrarouge a permis de voir que le dessin sous-jacent est réalisé à partir d’un poncifi, qui permet de réaliser des copies dans l’atelier du peintre.

La duchesse de Bourgogne arrêtée aux portes de Bruges

La duchesse de Bourgogne arrêtée aux portes de Bruges

 

La duchesse de Bourgogne arrêtée aux portes de Bruges ou la révolte de Bruges en 1436. Isabelle du Portugal protège de son bras, Charles, futur Téméraire, âgé de 3 ans. Sophie Rude, 1841, Musée des Beaux-Arts de Dijon.

 

 

 

 

 

image8Le portrait d’Isabelle du Portugal 

Troisième épouse de Philippe-le-Bon. Les futurs fiancés ne se sont jamais rencontrés, une délégation bourguignonne menée par de Roubaix, se rend au Portugal, Jan Van Eck est chargé de faire le portrait de la princesse. L’infante du Portugal est représentée, le visage pâle : signe de noblesse de celles qui se font servir, celles qui travaillent prenant des couleurs au soleil. La richesse est montrée par son hennin brodé de soie, d’or et de perles, et son collier d’or (elle apporte 25 000 couronnes d’or de dote). Sa robe est décolletée, fantaisie réprouvée par l’Eglise, qu’osent se permettre les femmes nobles, Aliénor d’Aquitaine avait aussi des robes fendues jusqu’en haut de la cuisse : le belle femme se montre pour faire envier son mari. Les cheveux sont épilés du front jusqu’au tiers

 

du haut de la tête. En cachant tous ses cheveux avec sa coiffure, Isabelle prend déjà le signe des femmes mariées : les cheveux étant considérés comme objet de séduction. Elle se présente soumise, le regard vers le sol. Les filles étaient mariées vers 15 ans, elle a 32 ans, ce mariage est donc très important pour elle. Le mariage a été célébré à Bruges, noces hors normes dont la fête dura une semaine. Les nouveaux époux, espoir de descendance, furent acclamés par la foule et mirent 2 h pour traverser la petite ville de Bruges.

Charles le TéméraireLe portrait de Charles-le-Téméraire de 1474

De trois-quart, il s’est fait représenter en guerrier : riche armure décorée du défenseur. Dorures, collier de la Toison d’Or, il lève son épée, prêt à attaquer. Le musée possède une seconde version avec moins de décorations. Regard de conquérant, les relations de Charles avec son père furent très houleuses.

Laisser un commentaire