Permanences de l'association : les jeudis après-midi, Médiathèque de Dole - 2 rue Bauzonnet - 39100 DOLE

Le duché de Bourgogne au Moyen Âge

Ce duché, depuis 880, a toujours appartenu au royaume de France avec un lien familial entre ducs et rois de France.
A partir du Xè siècle, les Capétiens de la 1ère maison de Bourgogne, son dernier duc Philippe 1er de Rouvres, meurt à 15 ans de la peste, sans héritier, en 1361.
Commence alors la lignée des Valois/Bourgogne, avec Philippe-le-Hardi, 4ème fils du roi de France Jean II dit Jean-le-Bon.
La période est très troublée : refroidissement du temps avec des conséquences sur les récoltes, crise de la féodalité, manipulations monétaires, grande peste, guerre de Cent Ans. Jean-le-Bon fait prisonnier par les Anglais lors de la défaite de Poitiers en 1356. C’est là que son plus jeune fils, Philippe, âgé de 14 ans, y acquiert son surnom de Hardi (Père, gardez-vous à droite ! Gardez-vous à gauche !). Le roi de France est retenu pendant 5 ans et la rançon à payer est énorme.
Pour résoudre des problèmes de gouvernance, Jean-le-Bon divise le domaine royal en quatre principautés qu’il donne à ses fils en apanage : à l’aîné Charles le duché de Normandie, à Louis le Maine et l’Anjou, à Jean le Berry (le duc aux des Riches Heures) et à Philippe la Bourgogne.
Les 4 grands ducs
Philippe-le-Hardi, Philippe II de Bourgogne, épouse Marguerite de Flandre en 1369, fille unique du comte de Flandre et veuve de Philippe-de-Rouvres. Elle apporte une grande fortune et les Flandres. Les Flandres sont un grand foyer artistique, et Philippe devient un mécène, dans une Bourgogne prospère, il autorise le commerce des œuvres d’art à travers l’Europe. Il refait Dijon, y construit son palais. Il gagne de nombreux territoires et pendant les 35 ans de son principat, multiplie par deux la superficie du duché de Bourgogne. Il décède en 1404 à 62 ans.
Jean-sans-Peur, Jean 1er de Bourgogne, règne différemment de son père. Il convoite la couronne de France. Comme oncle et tuteur du roi fou Charles VI, il s’oppose au frère de celui-ci, Louis d’Orléans, son neveu, qu’il fait tuer par traitrise en 1407 (traquenard sous prétexte de pourparlers pour trouver un compromis). Cet assassinat provoque la guerre entre Armagnacs et Bourguignons. Les Armagnacs, utilisant le même traquenard que le duc, le font tuer en 1419 à Montereau. Son principat aura duré 14 ans.
Philippe-le-Bon, Philippe III de Bourgogne, tient le duché à distance du roi de France en créant l’Ordre de la Toison d’Or, qui lui permet de s’allier les nobles possesseurs chacun d’une armée de paysans, et de disposer ainsi de nombreuses armées. Il rénove le palais de son grand-père, qui garde, aujourd’hui, la même disposition. Premier mariage à 13 ans avec Michelle de Valois, âgée de 14 ans et fille de Charles VI. Leur fille, Agnès de Bourgogne ne survit pas et la duchesse meurt en 1422. Second mariage, en 1424, avec Bonne, fille du comte d’Artois, elle décède sans enfant un an plus tard. Troisièmes noces en 1430, avec Isabelle du Portugal, seule fille survivante du roi Jean 1er du Portugal, ils auront 3 fils, ne survivront pas Antoine et Josse nés en 1430 et 1432, celui né en 1433 deviendra Charles-le-Téméraire (de ses nombreuses maîtresses, le duc Philippe aura une trentaine de bâtards reconnus, fils et filles).
Isabelle du Portugal est une duchesse exceptionnelle : face au duc, elle est la voix du peuple dont elle est aimée, elle pousse Philippe à créer la Toison d’Or, à pactiser avec les Anglais (seconde phase de la guerre de Cent ans)…
Lorsqu’il meurt en 1467, l’Etat bourguignon de Philippe-le-Bon encercle l’est et le nord du royaume de France : il est Duc de Bourgogne, de Brabant, de Limbourg, de Luxembourg, comte de Bourgogne, de Flandre, de Hollande, de Hainaut, de Namur, d’Artois, d’Auxerre, de Charolais. Il est «plus riche que 10 rois», dit-on. Son principat a duré un peu plus de 47 ans.
Charles-le Téméraire, duc à 34 ans en 1467, a une expérience politique, il veut tout réformer. C’est un homme valeureux, généreux, proche du peuple, et est fidèle à son épouse Isabelle de Bourbon. Il gouverne un Etat bourguignon1 plus grand et plus riche que la France et que l’Angleterre. Cette richesse le rend orgueilleux, il se déclare affranchi de la suzeraineté du roi de France, veut unifier et encore agrandir son territoire en constituant un grand royaume rhénan. Il s’empare du comté de Gueldre (de part et d’autre du Bas-Rhin), veut la Lorraine2. Mais piètre militaire et refusant tout conseil, il échoue devant Nancy contre les coalisés lorrains et suisses le 5 janvier 14773. Il n’est pas parvenu à s’adapter aux réalités du terrain et a perdu ses Etats et la vie en moins de 10 ans. Marie de Bourgogne, fille unique du Téméraire préfère épouser Maximilien Habsbourg, plutôt que le fils de Louis XI (âgé d’1 an).
Fin des grands ducs bourguignons, le duché rejoint le royaume de France. Pas le comté que récupère Marie de Bourgogne.

 

Le Téméraire retrouvé après la bataille de Nancy par Augustin Feyen-Perrin en 1865 - mba

Le Téméraire retrouvé après la bataille de Nancy
par Augustin Feyen-Perrin en 1865 – mba

  1. L’héritage du Téméraire est un conglomérat de territoires allant de la Bourgogne à la Hollande
  2. Le Téméraire s’attaque à la France, à l’Empire, à l’Angleterre, à des Cantons Helvétiques et d’autres. Il mène des campagnes dévastatrices en Picardie, Alsace, Lorraine et Suisse. Il a des moyens financiers, n’use pas de diplomatie et veut s’agrandir par la terreur.
  3. Mort du Téméraire : 2 jours après la bataille de Nancy, le corps du Téméraire est retrouvé, nu, au bord de l’étang Saint Jean, marécageux. Il a le crâne fendu jusqu’aux dents par un coup de hallebarde[ et une joue rongée par les loups. Nul ne peut dire avec certitude qui, dans la soldatesque anonyme, lui porta le coup fatal. La tradition relate qu’un obscur soldat nommé Claude de Bauzémont se serait jeté sur lui sans le reconnaître ; Charles aurait crié « Sauvez le duc de Bourgogne ! », mais ce cri, compris comme « Vive le duc de Bourgogne ! » aurait entraîné la mort immédiate de Charles.

Laisser un commentaire